Quand on est shootée au ramassage d'images via APN, que le week-end précédent on en a pris plus de 100; et qu'on oublie de recharger sa batterie avant de repartir ... et ben, faut pas s'étonner de voir ladite batterie rendre son dernier soupir avant la deuxième photo !...
Donc pas d'images de Nessie en vadrouille dans le golfe du Morbihan.
Et ça me chagrine énormémént.
J'ai passé l'hiver à attrapper des images d'îles grisonnantes sur un fond de nuages dilués dans la brume, posées sur un océan au teint délavé.
Evidemment ce week-end le festival des lumières bretonnes a commencé.
Lundi aux aurores, après une nuit de pluie; s'extraire de son duvet, relever le capot, et ... oh !
A travers un effilochement des nuages, la lumière puissament dorée éclate. Toutes les îles alentour s'illuminent.
Baignés dans cette aura magique, nous empruntant le courant de jusant pour s'échapper.
Et toute la journée, il y aura de ces moments bretons où sur un ciel fuligineux ressortent presque fluos les rochers et les landes frappés de lumière.

Sur l'eau, je pensais à ce que tu me disais Servane sur notre attirance pour la montagne ou la mer.
Tu y voyais le vide, mais le vide plein.
Moi j'y vois l'espace, la sensation puissante d'être au coeur d'un volume énorme, de ressentir véritablement la profondeur infinie du ciel, de l'horizon, des masses énormes des nuages, des montagnes.
Sans compter ce qui pour moi ne remplacera jamais une photo ou un tableau : être immergée dans la couleur, la lumière, leurs subtiles variations.
Le changement imperceptible ou rapide de la géométrie du lieu, être au coeur de là où ça se passe (ça n'est pas du spectacle).
Sentir sur sa peau la gifle du vent glacial ou la brûlure bienfaisante du soleil (là, je sombre un peu dans le romantisme ... ) se sentir exister.